Le
terrorisme sexuel dévaste les populations de
l’Est du Congo

Le
témoignage de Christine Schuler Deschryver, militante
congolaise des droits des femmes,est la fille
d’Adrien Deschryver, un planteur belge,
fondateur du parc de Kahuzi-Biega dans le Kivu, a
ému
le monde entier. Christine Deschryver Schuler de
père belge et de mère congolaise vit au sud
Kivu, une région marquée par dix ans de
conflits armés qui a emmené une dévastation
totale . Chaque jour ce génocide
psychologique du sexe féminin pour
objet la detruction du plus profond « amour
interne » de la femme. S’il est vrai que
les hommes sont aussi victimes de viols et de
mutilations sexuelles lors des conflits armés,
les premières cibles demeurent néanmoins les
femmes.
Déjà
les guerres à répétition à l'Est de de
la République Démocratique du Congo ont
conduit à l'un des plus grands désastre
humanitaire du siècle avec plus de 4 millions
de morts(ce nombre est croissant), des millions
de déplacés et rien que dans la province du
Sud-Kivu plus de 100.000 femmes violées dans
des conditions de violences extrêmes. « Nous
avons hurlé notre douleur, nous avons accueilli
les grands de ce monde, nous avons fait un
plaidoyer pour que cesse à jamais cette
violence mais en vain…. » a déclaré
Christine Schuler Deschryver ; «
Nous nous sommes heurté à la surdité et à
l'indifférence du monde face à ce « fémicide
» en cours en RDC ou le corps des femmes et des
enfants est devenu une cour de récréation où
tout est permis ».
La
conséquence est que ce nouveau fléau,le
terrorisme séxuel est á sa plus grande
expression au Congo.Les viols ont très vite
pris des proportions épidémiques et furent
donc banalisés, la femme est devenue une
chambre de torture pour faire non seulement ces
femmes victimes,mais aussi la pensée de toute
personne qui s’en imagine.
Par
ailleurs, la richesse de la République démocratique
du Congo en minerai - or et surtout casserite et
coltan très prisés dans la fabrication de
composants électroniques pour l'informatique et
l'aéronautique - provoque des trafics illégaux
permanents, pratiqués par des groupes incontrôlés
qui rançonnent et violent des villageois. Dans
ce documentaire trois femmes témoignent :
Ndamosu M'Buefuh, 70 ans, violée plusieurs
fois, dont le mari et les cinq enfants ont été
assassinés ; Ntakobajira M'Bisimwa, 30 ans, qui
a été esclave sexuelle dans un camp de
rebelles ; Noella M'Mburugu, 18 ans, qui a subi
pendant trois ans des sévices sexuels et à qui
on a enlevé le fils.
« Malgré le désespoir, la révolte, les
larmes, le syndrome de l'impuissance, l'envie de
tout quitter, lâchement…… il y avait
toujours une lueur d'espoir… et notre lueur
d'espoir fondée j'en suis sûre a été l'arrivée
de la militante des droits de la femme, auteur
du très célèbre « Monologue du vagin »,
Madame Eve Ensler à Bukavu, traversant monts et
vallées pour palper du doigt la souffrance des
femmes, ces femmes sans voix, muselées au nom
desquelles nous parlons et nous nous exprimons »
a declaré Christine Schuler presque avec des
larmes aux yeux ; « Toutes les
femmes du Sud-Kivu et je suis sûre de la
RDCongo soutiennent et se joignent à la
campagne contre les viols co organisée par V
day et UNICEF ».
« Nous restons convaincues que seules les
mobilisations pourront pousser les politiques
à prioriser la sécurité de nos populations et
à mettre fin à ce « fémicide » silencieux,
ces crimes massifs contre l'humanité.Nous ne
revendiquons qu'une chose, le droit de vivre, de
vivre librement dans nos campagnes, nous
exigeons que justice soit rendue et que cesse
l'impunité à tous les niveaux »
a-t-elle conclu.
Dans
l' Est de la RDCongo,le nombre d'agressions
sexuelles est passé de dix par mois à 10
par jour. Chiffres horribles, chiffres froids,
chifrres qui réifient les victimes. Ainsi le
viol est devenu une véritable arme de guerre .
Parce
que la force des boureaux leur vient de
l'indifférence de l'opinion et se taire c'est
être complice de non-assistance à personne
massacrée. Nous devons manifester notre horreur,
notre indignation.
Par
Mireille Fayila