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Bas-Congo: La violente répression  alimente la crise qui s'aggrave...

Muanda Nsemi, leader du BDK

Depuis le 28 février, des affrontements entre policiers et adeptes du mouvement politico-religieux Bundu dia Kongo (BDK) ont fait au moins 27 morts dans plusieurs localités du Bas-Congo, selon des sources officielles. Des sources onusiennes et de la société civile ont de leur côté estimé que le bilan pourrait être d'une centaine de morts.

Un imposant dispositif de sécurité avait été déployé en début de matinée du 8 mars 2008 autour du du siège du mouvement politico-religieux Bundu dia Kongo, la police de Matadi sous la conduite du désormais tristement célèbre général Raus Chalwe a annoncé avoir délogé les adeptes de BDK de leur siège. "L'opération est maintenant terminée et a réussi", a assuré un officier de police. Aucun bilan officiel n'a été donné; des sources officielles , annoncent 2 morts, BDK et la population évoquent 7 morts.

Tandis que l'alerte était donnée, des membres du personnel du BDK ont réussi à s'enfuir. Une douzaine de véhicules de police ont alors pris position autour du siège du mouvement, selon des témoins. Les unités  de la police lourdement armée est ensuite arrivée sur place. Les autorités ayant acquis la conviction qu'il n'y avait pas d'otages, les forces de l'ordre ont pénétré peu après dans le bâtiment. Les policiers ont sauté de leurs camions et se sont mis à frapper tout le monde. Il y a eu deux gars tués par balles, je l'ai vu » a dit un sympathisant du BDK.

Selon un officier de police, qui a souhaité garder l'anonymat, ''l'usage excessif de la force pour rétablir l'autorité de l'Etat au Bas-Congo , marqué par des violences meurtrières aura certainement des conséquences malheureuses à l'avenir''.

Le chef de la police au Bas-Congo, le général Raus Chalwe, a assuré que l'ordre opérationnel lui avait été donné par sa hiérarchie à Kinshasa.  Le gouverneur de la province a déploré ne pas avoir été "informé" du lancement de cette opération.

Bundu dia Kongo ("Royaume du Kongo") est un groupe d'opposition religieux sécessionniste très implanté dans le Bas-Congo. Il prône la restauration de l'ex-royaume Kongo, qui comprenait l'actuel Bas-Congo, une partie de l'Angola, du Congo voisin et du Gabon. Ses adeptes sont accusés par le pouvoir et des habitants du Bas-Congo de ne pas reconnaître l'autorité de l'Etat, de s'attaquer régulièrement à des agents et d'appeler à chasser les "non-originaires" de la province.

Le BDK dénonce depuis un an des fraudes électorales et un partage non équitable des ressources de la région, la seule productrice de pétrole en RDC.

Le chef de la Mission de l'ONU en République démocratique du Congo (Monuc) Alan Doss a appelé les forces de sécurité et de police du pouvoir Kabiliste à cesser immédiatement le recours à une force excessive contre les manifestants. Les forces de sécurité et de police doivent aussi cesser d'intimider, de harceler et de battre les membres de l'opposition, les militants de la société civile et les congolais ordinaires. Une enquête est ouverte  sur les allégations de violations des droits de l'Homme qui ont pu être commises" au Bas-Congo, a-t-il annoncé. Les congolais ne croient  plus à des déclarations diplomatiques  sans lendemain.



Par Mireille Fayila/afp

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 

 

 

 

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