| Jean-Pierre
Bemba contraint par Joseph Kabila à l'exil
Jean-Pierre
Bemba saluant la foule à Kinshasa
Après
avoir annoncé la prolongation de son exil au
Portugal pour des raisons de sécurité, Jean-Pierre
Bemba, le chef de file de l'opposition
congolaise, voudrait revenir son pays la République
Démocratique du Congo. "Bemba a informé
le Sénat de son intention de revenir , dans la
mesure où les questions touchant à sa sécurité
seront réglées", avait alors déclaré
Fidel Babala, l'un des collaborateurs du chef de
l'opposition. Elu sénateur après avoir perdu la
présidentielle l'an dernier face au président sortant
Joseph Kabila, Bemba a été autorisé en avril
par le Sénat à rester absent pendant 60 jours
afin de se faire soigner à l'étranger, à la
suite des violents affrontements survenus entre
sa garde personnelle et l'armée de Kabila appuyée par
les militaires angolais dans
la capitale, Kinshasa.
Une nouvelle conception des
rapports politiques au plan interne a fait jour,
obligeant la plupart des Etats à copier le schéma
en vigueur des démocraties libérales. Désormais,
face au parti au pouvoir, se positionnent des
partis d'opposition. Cette bipolarisation du jeu
politique donc le PPRD de Kabila face au MLC de
Bemba est considérée comme une condition, voire
une caractéristique de la démocratie moderne en RDC.
Une année après des élections ce vent de
renouveau, le processus de démocratisation
poursuit son chemin, assez péniblement souvent.
L'opposition congolaise reste une équation non résolue
par la classe politique dans son ensemble. Pour le régime de
Joseph Kabila en place, elle est au mieux un élément
du décor, sinon un ennemi à abattre comme le
cas du leader de l'opposition Jean-Pierre Bemba .
Dans tous les cas, les partis d'opposition sont
à détruire, la différence ne résidant que
dans le procédé. Les plus primitifs des tenants
du pouvoir à Kinshasa ont systématiquement
recours aux méthodes fortes et brutales. Avec
eux, les leaders de l'opposition ont vite fait de
devenir de fidèles abonnés des prisons tel que
le pasteur Kutino Fernando , Me Nlandu Thérèse
et autres lieux de privation de liberté comme la
terrible police de Kin-Mazière qui torture les
congolais pour la simple raison qu'ils sont du même éthenie
Ngbaka que Jean-Pierre Bemba.
Le moindre avis que les leaders de
l'opposition émettent
sur la gestion des affaires publiques tombe sous
le délit moyenâgeux d'offense au chef de l'Etat
. S'en suit, assez logiquement, la déchéance
des droits politiques. Pris sous un tel éteignoir
beaucoup d'opposants congolais se résignent à
emprunter la voie de l'exil. Les plus téméraires
refusent cette forme d'abdication, optant délibérément
de courir le risque de finir leur jour dans les
geôles de Joseph Kabila. Heureusement, cette
manière de venir à bout des opposants
politiques est en train de perdre du terrain. Les
pressions multiples de la société civile et des
bailleurs de fonds y sont certainement pour
quelque chose. Contraints de se montrer sous
l'image de démocrates, Joseph Kabila tolère pour l'instant
quelques opposants surtout sans envergure .
Aux oubliettes les
convictions, finis les discours dénonciateurs
que l'on proférait à longueur de journée. Le
pouvoir, que l'on trouvait si mauvais il y a
seulement quelques temps, devient soudainement si
bon. Pas étonnant que ces nouveaux convertis
comme les Olivier Kamitatu, Antoine Nghonda, Omer
Mende Omalanga, Kudura Kasongo l'ancien ministre
de Mobutu poussent le ridicule à son summum en
se montrant parfois plus royalistes que le roi.
Les grands efforts qu'ils consentent pour
justifier leur comportement ne sont que
l'expression du malaise profond dans lequel ils
se trouvent. Mais bien plus grave, est le reflet
du degré de conscience que l'opposition
congolaise ont de leur utilité dans le bon
fonctionnement des processus démocratiques.
Il y a du tout dans l'arène
politique de la RDC: des hommes de vertus comme
le président de l'assemblée nationale Vital
Kamerhe, Francois Mwamba le secrétaire général
du MLC, mais et surtout des hommes de moralité
douteuse dans l'entourage de Kabila qui lui font
commettre des erreurs comme aller massacrer la
population du Bas-Congo parce que les fidèles
d'une secte mystérieuse Bundu Dia Kongo ont
voulu manifester contre la corruption lors des élections
des gouverneurs. Jean-Pierre Bemba qui séjourne depuis une
semaine à Bruxelles,où il a eu des contacts avec plusieurs
personnalités belges.
La classe politique doit penser à redorer son
blason qui est plus que terni.
Par Laetitia
B. Kiangani
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