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Joseph Kabila : les dangers de négocier avec Laurent Nkundabatuare

Laurent Nkundabatuare

Ne nous voilons pas la face. En Afrique comme ailleurs le premier responsable c'est le chef. La qualité d'un chef c'est de pouvoir ,réunir autour de soit des talents et des compétences,et force est de constater que Joseph Kabila récrute souvent à l'ESt, et en RDC c'est une faute politique. Comment avez vous pu vous entourer d'hommes et de femmes de si peu de convictions et d'incompétences.
Un chef qui choisit des amis et des collaborateurs aussi mauvais, cela n'incite pas a la confiance.
Pour Joseph Kabila après avoir laisser faire les faucons de son entourage ''muscler'' son régime pourtant issu des élections très discutables, et surtout fort du soutien des militaires angolais qui l'ont appuyé lors de son attaque contre les quelques 200 gardes de l'ancien-vice président Jean-Pierre Bemba. Son entourage lui a fait croire qu'il est devenu puissant ainsi il pouvait aussi mettre le général déchu Laurent Nkundabatuare au pas par la force. C'était sans compter sur la détermination des rwandaphones,qui lui ont mis un génou à terre et lui ont sommé de négocier.

On a coutume de dire que Nkundabatuare est un rwandais et surtout un criminel de guerre. Il a le sang congolais sur ses mains.Ce constat mène vite à l’erreur, à sous estimer ce général déchu  comme chef politique et comme chef de guerre. Il est beaucoup plus redoutable et mérite d’être bien davantage pris au sérieux qu’il ne le serait s’il n’était qu’un seigneur de guerre de plus semant la mort et la souffrance au sein de la population congolaise. Peut-on négocier avec un homme qui tue en toute impunité des congolais? NKundabatuare est un rwandophone c'est-à-dire un expert en double langage . Peut-on lui faire confiance?

Certains  officiers ont trahi mais tous les congolais savent que ces rwandophones se considèrent toujours comme rwandais vivant au Congo alors sur le fond, il n' y a pas de petite ou de grande trahison. Y compris  lorsqu'elle obéit à un objectif qui peut être compréhensible. Les banyamulenges sont partout dans les institutions et surtout dans l'armée avec plus des généraux que la province du Bas-congo qui en compte que 3 pour une population évaluée à 5 millions d'habitants. Mais ce qu'ils veulent c'est créer un territoire ''tutsiland'' avec une grande autonomie en RDC. 

Les dégâts que beaucoup d'européens craignaient ont eu lieu au Nord-Kivu. Le chef de l'Etat Kabila a gravement terni son image de président démocratiquement élu, en ayant recours à la force brutale pour résoudre le conflit  au Nord-Kivu qui a résulté de sa victoire aux élections en novembre 2006. Jusqu’avant les massacres du Bas-Congo,les évenements du 22 et 23 mars 2007 Kabila jouissait d’un bon crédit, sur le plan de la démocratie et de la moralité. Mais l’impatience de ses éléments les plus radicaux, et son alliance avec des partenaires extrémistes de la région, pourraient provoquer la fin sur le plan international de la période de grâce  du premier président congolais à avoir conquis le pouvoir par les urnes.

Pour l'instant, rien ne permet de penser que le chef de l'Etat envisage des négociations directes avec Laurent Nkundabatuare mais les menaces des européens constituent indiscutablement une épée de Damoclès. Les conséquences de cette guerre au Nord-Kivu apparaîtront progressivement.Il est clair qu' elles ne changeront rien au flou délibéré des relations entre la présidence et les généraux rwandophones ou venant du RCD de l'ancien vice-président Ruberwa.

Par Olivier Israel Bolya

 

 

 
 
 
 
 

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