Quand Sarkozy vante la décision de Joseph Kabila

« Le pouvoir m'est tombé dessus. » Voici
comment le président Joseph Kabila avait décrit
sa brutale irruption sur l'avant-scène. Lorsqu'il prête
serment, le 26 janvier 2001, soit dix jours après le
meurtre de Laurent-Désiré Kabila, abattu par
l'un de ses gardes du corps, le « petit Joseph »
a 29 ans. A l'époque, on ne donne pas cher de la peau
de ce jeune homme énigmatique, bombardé à
la tête d'un pays-continent à la dérive.
Mais l'histoire démontre que Joseph Kabila est devenu
un animal politique et surtout un fin stratège politique.
Cette stratégie de prendre langue avec le plus grand
criminel en fonction le président rwandais Paul Kagamé
à son profit semblait hasardeuse et surtout dangereuse.
Tout le monde avait peur de l'effet boomerang de ce choix.
Nicolas Sarkozy ne s'est empêché de faire des
recommandations aux politiciens congolais dans un discours
flatteur et prudent devant les députés congolais
ou encore par une mise en avant des vertus de l'intangibilité
des frontières . Le chef de l'Etat français
a ensuite salué le rapprochement de la République
démocratique du Congo et du Rwanda qu'il a qualifié
de « véritable signe de refondation de la région
des Grands Lacs ». Selon lui la décision de Joseph
Kabila est ''courageuse''.
Tous les congolais savent que la France Afrique, et non la
Françafrique, tout simplement parce que cette dernière
a plombé toute l'Afrique pendant 50 ans en y imposant
des chefs d'états corrompus, des réseaux divers
à la seule solde de nos intérêts, entre
autres les franc maçons, les barbouzeries en tous genres
soutenues depuis les bases militaires officielles, multinationales
comme Elf qui faisait ou défaisait les régimes,
tout en payant le pétrole du peuple à des prix
dérisoires, etc. Les affaires oui, mais l'escroquerie
non sinon, on en paierait un prix encore plus élevé.
Une Françafrique moderne est une nécessité
pour la France et pour l'Afrique : les pays développés
ont besoin des ressources africaines et l'Afrique a besoin
de les vendre. Les accusations de néo-colonialisme
sont démagogiques et idéologiques : ses pourfendeurs
veulent faire croire en un monde idéalisé où
la France d'aujourd'hui n'aurait pas changé ses anciens
rapports avec l'Afrique, serait le seul pays au monde à
défendre avec vigueur ses intérêts sur
ce continent, et devrait être accablé pour cela.
Que la France soutienne l'Afrique à bout de bras et
qu'elle n'en puisse plus d'une générosité
si mal comprise qu'on n 'en finisse pas, au lieu de se montrer
reconnaissant, de lui cracher à la figure.
Par Georgette Lipemba
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