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Le remaniement en gestation

Le temps s'y prête vraisemblablement en RDC: remaniement
ministériel en gestation, luttes de positionnement
dans les instances de l'AMP de Joseph Kabila, imposture de
lutte contre la corruption, perspective d'élections
présidentielles de 2011...
Cependant, ces données ne suffisent pas pour prédire
sur le calendrier politique du président Kabila, qui
a sa méthode faite de surprises.
Cette information arrive tout de même dans un contexte
caractérisé par une attente inlassable du redéploiement
de personnalités dans l’appareil gouvernemental
pris dans l’angoisse et la peur de se voir éjecter.
Les motifs ne manquent pas pour que la carte gouvernementale
se redessine. Il y a non seulement l’insuffisance de
résultats d’un gouvernement pléthorique
et budgétivore mais aussi, les multiples ministères
dont les missions s’entrecroisent en créant un
climat de conflit sur le terrain entre les membres du gouvernement.
Et puis, il y a ces guéguerres qui naissent et sont
entretenues entre les membres du gouvernement.
Selon des spécialistes, nombre de ministres partis
paieronnt le prix, soit de leur "incompétence
notoire", soit de forts soupçons d'enrichissement
illicite, à l'heure où la RDC, s'est lancé,
pour plaire aux bailleurs de fonds, dans une opération
de charme envers le FMI.
L'un des conseillers du chef de l'Etat s'est vu reprocher
des "collusions d'intérêt dans plusieurs
projets (...) des fautes de gestion et des détournements
qui ont suscité l'ire de partenaires internationaux",
assure un autre proche du président qui a requit l'anonymat.
"Certes, mais ils sont loin d'être les seuls dans
ce cas", tempère le conseiller..
Quant au "renouvellement de la classe politique"
évoqué par le président Joseph Kabila,
il reste relatif. Il y a pas mal de gens qui resteront en
place. Et les remplaçants (des partants) auront pour
certains déjà occupé des postes",
note Maika Madrandele, une richissime femme d'affaires congolaise
et PDG d'une société d'importation des denrées
alimentaires.
Des drafts d’un remaniement du gouvernement ont sillonné
la capitale, la veille même de la célébration
de la prise du pouvoir des Kabilistes du 17mai. Des journalistes
ont été alertés, des noms des partants
cités. Deux mois après, l’ensemble du
gouvernement et l’opinion sont restés dans l’expectative.
C’est la preuve que Joseph Kabila est resté maître
du jeu.
La perspective de la nomination d’un nouveau Premier
ministre était déjà évoquée
dans les allées de la haute administration. Il serait
aussi difficile de ne pas lier cette confidence de Joseph
Kabila au combat en cours contre le pillage de la fortune
publique. Combat qu’il a affirmé poursuivre de
toutes ses forces. Comme pour donner un signal fort à
ses collaborateurs et qui se reconnaitraient englués
dans des affaires de détournement de deniers publics.
Quoi qu’il en soit, un remaniement qui déposerait
tous les membres du gouvernement en poste, impliqués
de près ou de loin dans les affaires de corruption.
Fidèle à son habitude, Joseph Kabila a finalement
décidé seul et a brouillé les cartes,
laissant perplexe les analystes.
Par Guy Bojack
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