Les
gesticulations de Jean-Pierre Bemba n'impressionne
plus Joseph Kabila
Fort du
soutien de la puissante armée angolaise qui
sécurise le Bas-Congo et la capitale, Joseph
Kabila n'est plus impressionné par le
charismatique leader de l'opposition
institutionnelle Jean-Pierre Bemba comme
auparavant lorsque ce dernier était à Kinshasa
avec une garde rapprochée lourdement armée et
surtout sa popularité dans la capitale. Au-delà de
ses gesticulations depuis son exil à Faro au
Portugal et de ses déclarations à la presse
étrangère , l’intérêt avec Bemba, c’est
qu’il annonce toujours la couleur. C’est
pourquoi, il ne faut absolument pas négliger ses
récentes déclarations à propos de son exil
forcé à l'AFP.
Au
lieu de prêter une attention sérieuse à
l'initiative de réconcilier les congolais, le
président Kabila s'est lancé dans un exercice de
relations publiques pour essayer de minimiser la
tentative de son rival Bemba de main-tendue
au pouvoir en place. Il espère ainsi distraire
l'attention internationale de l'intransigeance de
Jean-Pierre Bemba pour sa sécurité. En dépit
du rameau d'olivier que l'opposition lui offre
avec la paix et la normalisation des relations
avec le chairman du MLC en échange d'un retour de
celui-ci en toute sécurité au pays, la réponse
de l'entourage du chef de l'Etat est un rejet catégorique.
Tentant de diluer son mépris évident envers ce
geste de paix, Joseph Kabila et Antoine
Gizenga se sont engagé dans des
subterfuges, clamant que le gouvernement lui a
donné 12 policiers et qu'il a refusé.
Le gouvernement d'Antoine Gizenga continue à
refuser tout pourparler avec le sénateur Bemba .
Les paroles de Joseph Kabila ne sont rien moins
que du double langage. Le Premier ministre aussi
sait que tant qu'il ne sera pas mis fin aux prises
de guerre de 22 et 23mars 2007 et que le retour de
Bemba ne sera pas autorisé, les chances d'une
paix durable en RDCongo , et également avec nos
puissants pays voisins dans son ensemble, sont
nulles. Pourtant le président Kabila pense qu'un
tour de passe-passe peut remplacer de réelles
qualités d'homme d'Etat. Il ne veut pas payer le
prix de la paix, et préfère s'adonner à des
tactiques de diversion, prônant le retour sans
condition d'un homme qui lui faisait de l'ombre et
encore jouer au Ponce Pilate en se lavant les
mains d'une situation qui l'a pourtant lui même
créer.
En attendant,
on peut constater avec regret que les espoirs mis
dans la réconciliation des congolais, après les
élections législatives et présidentielle ,
s'estompent.
''Il
y a toutes les différences du monde entre traiter
les gens de façon égale et tenter de les rendre
égaux. Si le premier est la condition d'une société
libre, le second n'est qu'une forme de
servitude." avait un jour dit Friedrich Hayek un
philosophe autrichien.
Par
Laetitia B. Kiangani