Kabila
reprend les mêmes...
Joseph
Kabila
La composition du
nouveau
gouvernement est enfin tombée. Nouveau ? Peut-on véritablement
employer ce terme ? En y regardant de plus près, la plupart
des ministres nommés faisaient même partie du
gouvernement de Gizenga I. Où est-il, le changement tant prôné
par Joseph Kabila ? Quand plus de la moitié d’un
gouvernement est en continuité directe avec le précédent,
il est difficile d’y voir une volonté de changement
clairement affirmée. Comment des ministres (sans parler du
premier d'entre eux...) qui n’ont pas, dans un passé
pourtant proche, montré leur efficacité réformatrice
pourraient-ils cette fois-ci s’avérer des réformateurs émérites
?
Le chef de l'Etat qui
voulait mettre sous pression ses ministres et qui a ses
têtes, a bien dit et répété qu'il y aurait des changements
au gouvernement d'ici la fin de l'année. Tous les
journalistes qui fréquentent les allées du pouvoir ont
recueilli les mêmes confidences. Le précédent gouvernement avait fait l'objet de nombreuses
critiques, en particulier du fait de l'inexpérience et
l'amateurisme de ses
membres, souvent des proches du président Kabila et du
premier ministre Gizenga, mais aussi à cause de plusieurs
scandales dans lesquels certains membres du gouvernement
étaient impliqués. Le chef de l'État Joseph Kabila a remanié son cabinet
changeant notamment les
titulaires des certains ministères pas les plus importants, pour
donner un nouveau souffle à son gouvernement réduit à 48
ministres. Certains
analystes doutent que cela suffise à restaurer une popularité
en berne.
Le Premier ministre
Antoine Gizenga avait lui aussi fait savoir précédemment,
pour couper court aux rumeurs qu'il dit « fantaisistes
» sur l'ouverture à l'opposition à des postes
ministériels . Certains personnalités de l'opposition ont été vus au
palais de la nation. De grosses légumes du système Kabila,
impliquées erronément ou à raison aux massacres du
Bas-Congo ou à la gabégie sont, comme par un fait exprès,
maintenus à leurs postes au gouvernement. Les congolais
remarquent en revanche que le Premier ministre n'a
laissé présager aucun bouleversement de sa politique. Son
immobilisme notoire ne prévoyait pas ce remaniement qui
en dit long et surtout qui met à jour les dysfonctionnements
gouvernementaux et en même temps les aggrave en soulignant
les faiblesses existantes et en donnant une impression de fébrilité,
de manque de solidité au sommet de l'Etat.
Ce qui a manqué aussi dans
ce remaniement ministériel c’est le remplacement du
ministre Lambert Mende Omalanga qui a démontré qu’il
n’y connaît rien. Naïf
comme pas un, il prend des décisions sans écouter ni
tenir compte des vues plus nuancées et souvent contraires des hauts fonctionnaires de son ministère.
Le ministre de
l’Environnement, conservation de la Nature et Tourisme
Didace Pembe est remplacé par José Endundo Bononge, un
ancien cadre du MLC, très rancunnier qui jura la perte de
Jean-Pierre Bemba, accusant ce dernier de l'avoir soutenu du
bout des lèvres lors son limogeage au sein du gouvernement de
transition. L'un des ministères les plus exposés, celui
de l'économie et Commerce extérieur été confié à
André-Philippe Futa , ancien ministre ,rodé aux joutes de
la politique congolaise.
Le misnitre de
l'information Toussaint Tshilombo Send dont l'incompétence et
son amateurisme ont souvent provoqué l'hilarité de ses
propres collaborateurs, est remplacé à la tête du
ministère de la Communication et Médias par Emile Bongeli
qui est considéré comme une étoile
montante de l'équipe de Gizenga II.
Pour Eddy Mosengo, politologue
congolais,
la recomposition de l'équipe de Gizenga vise à donner un
nouvel élan au gouvernement. Plusieurs commentateurs
soulignaient que Joseph Kabila a voulu nommer des ministres ayant
des qualités de communicateurs dans l'espoir de mieux défendre
son image auprès de la population.
Pour certains
observateurs surtout pro-kabila, le nouveau cabinet nommé par
Joseph Kabila est en mesure d'atténuer la vigueur des critiques émises
à son encontre, surtout au sein de la population , mais également de
faire revenir des électeurs déçus dans son giron lors les
prochaines élections en 2008.
Un deuxième facteur
de malaise est le sentiment d’inefficacité de la
politique menée depuis une année par le couple Kabila-Gizenga qui compromet sa
légitimité. C’est un sentiment qui est assez
général, mais qui est spécialement fort en RDCongo.
Beaucoup de citoyens ont le sentiment que le
gouvernement est impuissant, ou peu efficace, face à
des phénomènes qui les préoccupent comme le chômage,
l’insécurité, l'eau, l'électricité, le pouvoir
d'achat. Sur ce qui est peut-être la condition de tout
le reste, notre culture politique, notre discours
politique doivent évoluer. Il faudrait tout d’abord
plus d’honnêteté et de cohérence dans le discours.
Les discours politiques ne cessent de dire qu’on peut
avoir des avantages sans inconvénients, ce qui
naturellement n’existe pas. En politique, disait à
peu près Clemenceau,on succède à des incapables et on
est remplacé par des incompétents.
Comme on le voit,
après plusieurs mois d'attente, le président Kabila
n'a fait rien que du copier-coller, aucun changement
notable dans la structure et des hommes. On prend les mêmes,
à travers les mêmes procédures et dans les
structures, on recommence. Un replâtrage de plus, un
saupoudrage de plus, une déception de plus.
Par Guy
Bojack
Premier Ministre :
Antoine Gizenga Funji
Ministres d’Etat
Agriculture : François Joseph Nzanga Mobutu
Intérieur, Décentralisation, et Sécurité : Denis Kalume
Numbi
Près le Président de la République : Me Nkulu Kilombo
Ministres
Ministre près le Premier Ministre : Godefroid Mayobo
Affaires Etrangères et Coopération Internationale : Antipas
Mbusa Nyamwisi
Défense Nationale et Anciens Combattants : Tshikez Diemu
Justice et Garde des Sceaux : Me Mutombo Bakafwa Nsenda
Relations avec le Parlement : Adolphe Lumanu
Plan : Olivier Kamitatu
Finances : Athanase Matenda
Budget : Adolphe Muzito
Portefeuille : Mme Jeannine Mabunda
Economie et Commerce Extérieur : André-Philippe Futa
Communication et Médias : Emile Bongeli
Infrastructures, Travaux Publics et Aménagement du Territoire
: Pierre Lumbi Okongo
Industrie : Simon Mboso Kiamputu
Transports : Charles Mwando Nsimba
Genre, Femme et Enfant : Philomène Omatuku
Enseignement Supérieur, Universitaire et Recherche
Scientifique : Léonard Masuga
Enseignement Primaire, Secondaire et Professionnel : Maker
Mwangu
Mines : Martin Kabwelulu
Energie : Salomon Banamuhere
Hydrocarbures : Lambert Mende Omalanga
Postes, Téléphones et Télécommunications : Mme Louise
Munga
Environnement, Conservation de la Nature et Tourisme : José
Endundo Bononge
Santé Publique : Victor Makwenge
Urbanisme et Habitat : Sylvain Ngabu
Affaires Foncières : Edouard Kabukabwa Bitangilayi
Travail et Prévoyance Sociale : Mme Marie-Ange Lukiana
Fonction Publique : Simon Ikenge Lisambola
Affaires Sociales et Humanitaires : Jean-Claude Muyambo
Culture et Arts : Esdras Kambale
Sports : Willy Bakonga
Vice-Ministres
Intérieur : Joseph Dovel Mpango
Affaires Etrangères et Coopération Internationale : Ignace
Gata
Congolais de l’Etranger : Collette Tshomba Tundu
Défense nationale et Anciens Combattants : Luc Amuri
Droits Humains : Claude Basibuye
Budget : Célestin Mbuyu
Travaux Publics : Gervais Nturaminyerwa
Mines : Kasongo Shomari
Développement Rural : Xavier Bonane ya Ngazi
Recherche Scientifique : Zachée Rugabisha
Enseignement professionnel : Arthur Sedea
es américains sont
intervenus en RDC en soutenant Joseph Kabila mais
les Etas-unis n'ont pas de politique congolaise,
ni d'ailleurs africaine. Ils n'ont pour le momemt
que des intérêts à promouvoir ou à défendre.
Par
|