Accueil
Qui sommes-nous?
Notre équipe
Politique
Religion et Culture
Sport
Musique
Forum
Contact
Liens
 
 
RDC: Pourquoi Kabila a invité James Kabarebe à Lubumbashi?

Joseph Kabila

"Mais pourquoi nous (les congolais) déteste-t-on?" Cette question a fait couler beaucoup d’encre  au cours du dernier voyage de Joseph Kabila en Belgique et aux USA la semaine passée  . En comparaison, on a trop négligé un autre mystère, alors qu’au fond, il est encore plus troublant: "pourquoi nous aime-t-on moins que pendant  la guerre de libération''?". L'entourage présidentiel et la presse pro-kabila digne de la Pravda de sinistre mémoire à l'époque de l'URSS donnent des réponses souvent éronnées, voulant toujours carresser le président dans le  sens de la poil. Et pour expliquer l'impopularité de Joseph Kabila auprès des congolais, ils evoquent les Ngbanda, Tshisekedi etc... ce qui est totalement faux. 

 

Nous savons bien qu’il y a eu toutes sortes d’enquêtes  ces dernières années, et nous sômmes conscients aussi qu’elles peuvent être très trompeuses. Il y a deux ans, nous avions demandé  qui ventilait les résultats en fonction du niveau éducatif et du revenu. On y découvrait de grosses poches de résistance à l'actuel régime, même dans les provinces qualifiées  des  pro-Kabila. En province à l'Est par exemple, on s’apercevait que ceux qui progressaient sur l’échelle sociale étaient finalement plus favorables à l'opposition  . En général, les gens mettent dans le même sac "les rwandophones" et "les corrompus notoires" - ceux qui n’aiment pas l’un n’aiment pas l’autre non plus.
Le plus curieux, c’est que la confiance des ''amis'' de Joseph Kabila s’est affaiblie alors même que leur analyse des dangers potentiels de perdre leurs privilèges est plus d'actualité. Ainsi, s'il est vrai qu’une plus grande proportion congolais   sont préoccupés par la guerre à l'Est du pays.  Mais Kabila qui n'est pas charismatique  que son père ou un Mobutu joue toujours un double jeu avec les rwandais , d'ailleurs son ancien mentor le tristement célèbre général rwandais James Kabarebe est à Lubumbashi.Ce dernier a commis des crimes partout il est passé Tingi-tingi, Makobola, Goma, Kinshasa sans compter l'avion de l'ancien président Rwandais et Burundais déclenchant le génocide dans son pays. Comment peut-on invité ce sinistre personnage au Congo?

Cet homme lance un dernier regard aux photographes, journalistes présents avant d'être abbattu devant la foule  le 17 mai 1997 par les soldats sur ordre de James Kabarabe pour le seul motif  qu'il était un sous-officier de la DSP la garde prétorienne de Mobutu pourtant  il s'était rendu à l'armée rwandaise composée des enfants-soldats les fameux ''Kadogos''.

 

Voilà qui me paraît très significatif, parce que cela montre que ce que les congolais n'aiment pas, ce n’est ni l' arrogance habituelle des dirigeants, ni la violence en attaquant 3 fois la résidence du sénateur Bemba, ni le président actuel (même s’il est vrai qu’ils ne l’apprécient pas trop).              Ce qu’ils n’aiment pas, c’est l'incompétence. Un bon tiers des sondés attribue la situation actuelle du pays   à une mauvaise gestion des dossiers .  On les comprend, au fond

Et ça, oui, ça compte. Dans les premiers temps, il y avait une coalition des flatteurs, des vautours et des traîtres à l'AMP  au mom ent des élections. Il n’y en aurait plus aujourd’hui, même si le chef d’Etat   se montre mieux disposé à l’égard des gens  qui sont compétents que leurs prédécesseurs, et si la plupart de sos alliés s’inquiètent plus que jamais de la situation  économique en RDC. Le peuple, qui jadis aurait soutenu la politique gouvernementale  par solidarité ou amitié, il va falloir désormais les chouchouter, voire les payer comme lors de son escale à Bruxelles, pour qu’ils se joignent à lui. 

Dans ce  pays où il fait si bon vivre, la RDCongo, deux filières principales s'ouvrent : l'armée et les organisations proches de l'entourage  du président Kabila. Les uns et les autres s'infiltrent et se manipulent mutuellement jusqu'aux sommets du pouvoir mais s'entendent, en définitive, comme larrons en foire pour se partager le contrôle du pays. Joseph Kabila se maintient au sommet de ce château de cartes en jouant lui-même le double jeu, à l'intérieur tout comme face aux opposants, aux rwandophones et à ses propres partisans. 

Par Brigitte Paluku Muhima

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 

 

 

 

© 2006. Copyright  CongoInter  Inc.