L'ancien vice-président
de République démocratique du Congo,Jean-Pierre Bemba,
battu par Joseph Kabila à l'élection présidentielle de
2006, est accusé par la CPI d'implication dans des crimes
de guerre et crimes contre l'humanité commis en République
centrafricaine en 2002-2003. Bemba alors président et
commandant en chef du Mouvement de libération du Congo
(MLC), serait pénalement responsable de quatre chefs de
crimes de guerre et de deux chefs de crimes contre l'humanité
commis sur le territoire de la République centrafricaine
pendant la période allant du 25 octobre 2002 au 15 mars
2003" selon le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo.
Les télephones n'ont
pas arrêté de sonner chez les Kabilites qui se
relayaient la nouvelle. La champagne à couler à flots dans
les salons huppés de la capitale de Kinshasa. "Nous
l'avons eu, ils l'ont eu pour nous'' criaient les
pro-Kabila. Tous arboraient un large sourire, les
patrons de presse qui se sont lancés un sordide concours de
meilleur papier à propos de l'arrestation de Jean-Pierre
Bemba, les ''conseillers'' de la présidence, les faucons de
l'entourage de Joseph Kabila, enfin les anciens amis de
Bemba devenus ses pires ennemis comme les Olivier Kamitatu,
Tambwe Mwamba, Antoine Gondha et que dire de la ''joie'' à
peine cachée de Nzanga Mobutu qui venait d'apprendre la
''bonne nouvelle''. Il faut savoir que Vengeance d’État,
réécriture de l’histoire et élaboration d’une théorie
du " complot anarcho-insurrectionnel " sont
les trois sports que le gouvernement actuel en RDC.
Tout le monde est bien
conscient que ces histoires du passé ne correspondent en
rien aux histoires du présent comme les assassinats, ces
dernières années, des membres du secte
politico-réligieuse Bundu dia Kongo au Bas-Congo, les
charniers découvert à l'Est du pays. Les enquêtes sur ces
faits, qui sont en train de s’achever, établissent,
elles-mêmes, qu’il y a des graves violations de droit de
l'homme. Malgré tout, le gouvernement congolais n’a
jamais voulu admettre cette vérité et, au contraire, il
essaie en permanence de jeter de la poudre aux yeux des
congolais.
''L’arrestation de
Jean-Pierre Bemba ne m’a qu’à moitié surpris, car je
savais qu’il s’y attendait pour la fin de l'année. La
façon dont cela s’est fait m’a complètement indigné.''
s'est lamenté BB Djungu-sungu,un homme d'affaires
congolais. Alors que les Ruberwa, Bizima Kahara, et Laurent
Nkunda se pavanent au pays et les congolais savent que ces
gens ont mis notre pays à feux et sang sans jamais être
inquiétés ni par la fameuse CPI , ni par la police
congolaise. Le député national de l'opposition Roger
Lumbala a déclaré à la presse : « On se pose la question
de savoir, pourquoi cette arrestation maintenant ? Alors
que, Ange Félix Patassé, l’ex président de la République
Centrafricaine, qui avait fait appel à Monsieur Jean-Pierre
Bemba Gombo, n’est pas encore arrêté, et il n’y a
aucun mandant lancé contre lui ? Est-ce que c’est pour déstabiliser
la RDC qui veut se doter d’une opposition capable
d’assurer l’alternance demain ? Je crois qu’il
appartient à sa famille politique de se réunir et de dégager
ce que nous pouvons envisager pour demain. »
Malgré la larme à
l’œil de Bemba, cet homme intelligent mais ambitieux pour
son pays, sa défense aura du mal à tenir face à ce
tribunal que les africains qualifie de selectif ou des
''vaincus'' car pour eux, les grands criminels sont en
encore au pouvoir au Rwanda et en Ouganda. Il va être
déterminé s’il est poursuivi pour crime contre
l’humanité, complicité de crime contre l’humanité
ou/et crime de guerre par la justice belge avant de d'être
transférer à Lahaye au pays-Bas.
Par Laetitia
B. Kiangani