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Coup de froid entre les magistrats et Joseph Kabila
Joseph
Kabila
Le torchon continue de
brûler entre le monde judiciaire et le président Kabila. Une
nouvelle querelle oppose la magistrature congolaise, les
partis de l'opposition d'une part et Joseph Kabila de l'autre.
Le noeud du problème cette fois ? Les dernières nominations
intervenues dans la magistrature qui a suscité un tollé
quasi-général de la part des magistrats et des avocats
de la RDCongo. ''Nous avons constaté une violation systématique
de la loi et des statuts des magistrats'', a dénoncé le
président du Syndicat national autonome des magistrats du
Congo (Synamac), Nsambayi Mutenda, au cours d'un point presse.
"Le pouvoir de nomination revient, selon la Constitution,
au chef de l'Etat sur proposition du Conseil supérieur de la
magistrature (qui n'est pas encore entré en fonction) et non
sur proposition du ministre de la Justice", a-t-il
souligné.
Dans un rare communiqué
, le Synamag (Syndicat national des magistrats) s’insurge
contre la violation des articles150 et 152 de la Constitution
et ont vilipendé "une véritable tentative de
caporalisation des magistrats du parquet" par le
président de la république. Sans nommer , ils citent
l'existence de "pressions exercées sur certains
procureurs généraux par le ministre de la justice afin
qu'ils présentent en urgence une demande de retraite ou de
mutation. En toile de fond, la présidence est suspectée
de chercher à dégager des postes de procureurs généraux
pour y promouvoir des hommes de leurs tendances politiques. Décidément,
le courant ne passe pas. Incompréhension sur le fond ou la méthode?
Magistrats du parquet,
les procureurs généraux des cours d'appel sont sous
l'autorité du ministre de la justice et nommés en Conseil
des ministres. Mais pour garantir leur indépendance, leur
statut prévoit que les mutations doivent intervenir a priori
à leur demande. Un coup de force ne
viendra en tout cas pas réchauffer les relations entre Joseph
Kabila et les magistrats, dont les syndicats dénonçaient une
"chasse aux sorcières" le mois dernier.
Initiative rarissime, les
magistrats ont demandé une entrevue avec le président Kabila
pour obtenir des explications sur ses nominations
scandaleuses. Le mot d’ordre de grève lancé le 14 février,
par le Synamag a été largement suivi par les magistrats de
l'intérieur du pays. La classe politique congolaise a été
offusquée par l’inconstitutionnalité, l’irrégularité
de la publication des ordonnances d’organisation judiciaire
n°08/10, n°08/11 et suivant tous du 9/02/2008 portant mise
en retraite des magistrats de la Cour Suprême de Justice, du
Parquet Général de la République et démission volontaire
des magistrats.
La loi sur la
magistrature et la mise en place du CSM (Conseil supérieur de
la magistrature) est actuellement en
attente de seconde lecture au Sénat. Le Parlement,
actuellement en vacances, doit reprendre ses sessions
ordinaires le 15 mars.
Au
nom du passé et pour l'expier, ne rendons pas impossible la
justice de l'avenir.
Par Guy
Bojack
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