La
guerre de Nkundabatuare ou la ''Kosovisation'' du
Nord-Kivu
Laurent
Nkundabatuare
Joseph Kabila est
arrivé le 13 septembre à Goma au Nord-Kivu où les
combats meurtriers opposent depuis deux semaines les FARDC
et ses alliés contre les insurgés du rwandophone Laurent
Nkundabatuare. C'est le genre de micro-événement qui
fait toujours les choux gras du landerneau politique et de
la presse Kabiliste. Depuis plusieurs années, le
président Kabila, et le général déchu NKunda se
regardent en chiens de faïence.
Les tergiversations de la Communauté
internationale et du président Joseph Kabila sur la
solution à la crise qui sévit à l’Est de la R.D.
Congo cachent mal un plan occulte de la « Kosovisation »
du Kivu , c’est-à-dire un plan visant à couper
progressivement le Nord-Kivu de la R.D. Congo pour
le rattacher au Rwanda à la manière du Kosovo de la
Serbie. Sinon comment expliquer que la communauté
internationale très présente en RD Congo a laissé se développer
la rébellion de Nkunda pendant la transition et surtout
ferme l’œil aux violations des droits humains perpétrés
par les rebelles rwandophones soutenus par le président
rwandais Paul Kagamé.
Il s'est passé, un jour de l' an 1996, quelque chose
d'extraordinaire dans la vie de la population de l'Est.
Elle a croisé le chemin d'un des plus grands criminels de
guerre de toute l'histoire du Congo . Laurent Nkunda
était un ancien de l'armée patriotique du Rwanda,
rigoureux, rigoriste, impressionnant, autoritaire,
hautain. Il se trouve que ces caractéristiques
dissimulaient parfaitement et entièrement la folie des
grandeurs qui s'était emparée du personnage depuis
l'arrivée de ces fameux Banyamulenge au pouvoir en mai
1996 à Kinshasa. Le noeud du problème est là.
Devant les exactions des rebelles de Nkunda sur la
population congolaise, la Communauté internationale
a choisi le silence et le langage de bois. Les viols, les
enfants-soldats, les crimes de guerre de Nkundabatuare
sont des faits réels que personne ne doute plus mais reste
la personnalité de Joseph Kabila. Comme toujours, elle
fait écran sur tout. Mais nous, nous ne sommes pas
obligés de nous laisser entrainer dans le torrent de
démagogie que l'on nous propose.
Tous ces gens irresponsables qui ont dilapidé l'argent
public, qui ont entamé le prestige de l'action publique,
et qui ont traversé les époques, les régimes, les
gouvernements, les procédures judiciaires, sans jamais
rendre de comptes, sans honorer la citoyenneté qu'ils
prétendaient servir. Or pour le moment le sang du peuple
congolais continue à couler...au Nord-Kivu.
Par Mireille Fayila