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Le pouvoir amnistie le général ''déchu'' Laurent Nkundabatuare

L.Nkundabatuare

Peu de congolais  se font d’illusions sur les capacités et la volonté du gouvernement Gizenga d’améliorer leur sort compte tenu de l'insécurité qui règne dans le pays surtout à l'Est et à Kinshasa où on a vu les éléments de la garde prétorienne de Kabila assassiner un jeune cadre du MLC Daniel Boteti qui était vice-président de l'assemblée provinciale de Kinshasa. Certains, cependant, se demandent aujourd'hui devant l'incapacité du pouvoir actuel s’il ne valait pas mieux porter un parti d'opposition au pouvoir pour faire barrage à Kabila et à Gizenga, dans l’idée que la politique de L'UDPS serait, sinon meilleure que l’actuelle, en tout cas « moins pire ». Cet état d’esprit exprime une certaine lucidité, tout à fait saine en elle-même, impliquant un fort recul des illusions réformistes qui prévalaient avant ; mais, en même temps, un tel raisonnement reflète une crise profonde de la politique en tant qu’instance capable de porter des projets alternatifs et des espoirs pour les masses : on ne se prononce plus pour un programme, mais on se sert du vote pour éliminer tels ou tels politiciens. Le cas de Jean-Pierre est encore là. Arrêté d'une manière rocambolesque et que même la CPI n'arrive à convaincre l'opinion sur le bien fondé de cette précipitation alors Bemba est un homme public qui avait un agenda que tout le monde connaissait. 

Et le pouvoir amnistie un homme qui a sêmé la mort et la souffrance à la population congolaise depuis une décenie, Laurent Nkudabatuare, un rwandais qui se réclame ''tutsti congolais''. Les massacres des Hutus à Tingi-Tingi et Mbandaka lors de l'avancée de l'AFDL, il était déjà là, La guerre entre les armées  ougandaise et rwandaise pour le contrôle de ville de Kisangani qui a fait des milliers des victimes civils, la prise de ville de Bukavu en 2004, encore lui. Enfin la dernière guerre au Nord-Kivu, les populations déplacées.

Ses troupes s’étaient rendues coupable de déplacements forcés de population et autres crimes de droit international. Déjà en 2002, la responsabilité d’Abdoulaye Miskine, alors chef de l’Unité de la sécurité présidentielle (USP), et de ses hommes était engagée dans la perpétration, en sa présence, de massacres contre des civils notament à Rutsuru, Masisi...

Le retour libre de Laurent Nkundabatuare est en contradiction avec la nécessaire lutte contre l’impunité des crimes les plus graves, base d’une paix durable en RDCongo. Ce retour est une menace supplémentaire pour la sécurité des victimes de crimes internationaux qui plaident depuis 1996 pour leur droit à la justice devant les instances judiciaires nationales et internationales

Dans cette situation, le gouvernement a plus que jamais à proposer clairement aux congolais leur propre programme. La majorité des congolais n’ont pas à céder aux sirènes du prétendu « réalisme » consistant à amestier un criminel de guerre et ses alliés sous prétexte de la «réconciliation  ».

Par Roger Paul Vimpi

 

 

 

 

 

 

 

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