Katumba
Muanke avec un large sourire derrière Laurent Désiré
Kabila saluant Joseph Kabila.
Pour la première fois, l'homme le plus puissant de la RDC après Joseph Kabila accède à la tête de la plate-forme AMP, sortant ainsi de l'ombre. Ce conseiller le plus écouté a pour mission , six mois après l'élection de Joseph Kabila à la présidence de remettre ce conglomérat des flatteurs tels que les anciens Mobutistes , des traîtres commes les Olivier Kamitatu, les aigris comme José Endundo enfin des opportunistes comme Omer Mende Omalanga en mouvement. six mois après les élections législatives et présidentielle de 2006, l’Alliance da la Majorité Présidentielle a élu samedi 10 octobre,au Grand Hôtel Kinshasa , son secrétaire exécutif en vue des échéances électorales attendues l’an prochain.

L'honorable Augustin Katumba Muanke, ancien
collaborateur de Kengo wa Dondo, pour succéder
à l'ancien ministre des finances André-Philippe
Futa. C'est la première fois aussi que l'AMP est
dirigé par un Katangais qui semble avoir gagné la
guerre des clans qui oppose le clan des Katangais contre
les Kivutiens et autre originaires du Maniema dans
l'entourage du président Kabila. La mise à l'écart du
bouillant président de l'assemblée Vital Kamerhe est un
signe qui ne trompe pas. Considéré comme étant le
véritable numéro 2 du régime , Augustin Katumba Muanke
aura pour mission de rénover une plate-forme qu'il connaît
bien puisqu'il en a été le trésorier dès sa création
en juin 2006.
Selon le Kabiliste de la première heure Jean Kalama, l'honorable Katumba Muanke Augustin est un opportuniste ambitieux, assoiffé de pouvoir, manipulateur extrêmemnt rusé, adepte des coups fourrés, des combines, des tripatouillages financiers, également cité dans le rapprot de l'ONU où il figure en bonne position sur la liste des pilleurs qualifiés de la RDCongo. Il s’était malicieusement infiltré dans l’entourage du nouveau pouvoir AFDL en se présentant comme informateur de premier ordre disposant d’informations capitales sur le système de prédation de la deuxième république. IL se fit nommer gouverneur de la province du Katanga. Il s’était allié avec Monsieur Arthur Georges Forrest l’homme d’affaire belge avec qui il avait entrepris l’organisation d’un pillage systématique multiforme notamment du germanium et autres matières rares. Au premier remaniement du 14 Avril 2001, Katumba Mwanke s’imposa comme Ministre délégué à la présidence de la république. De ce fait, il prit le contrôle stratégique du pouvoir de Joseph Kabila qui jouissait d’une légitimité de fait mais qui, réellement, à cette époque, ne disposait pas d’une maîtrise de la gestion politique ni d’une quelconque expérience de la gestion de la cité et était donc dépendant des décisions arrêtées par Katumba devenu son éminence grise.
Katumba Muanke, qui
entretient une haine à la fois politique et personnelle
contre Vital Kamerhe mais surtout contre Jean-Pierre Bemba
qu'il connait personellement. Il est logiquement
soutenu par les Katangais de l'entourage de Kabila. Outre qu'ils partagent les mêmes idées sur le moyen de
conserver leur pouvoir. Mais même s' il était élu
député en 2006, aura-t-il une majorité parlementaire
suffisamment solide pour imposer sa vision dans un hypothétique
nouveau projet sur l'avenir du camp présidentiel ?
Rien n'est moins sûr. Le nouveau secrétaire
éxecutif de l'AMP a pris soin d'éviter de prendre
position au sujet du rwandophone Nkundabatuare et
lorsqu'il l'a fait, c'était contre le retour de
Bemba .
Certains membres de haut rang du PPRD - parti au pouvoir, pour utiliser un terme relativement conventionnel -, estiment que d’importants déséquilibres sociaux, financiers et culturels demeurent au sein de l'AMP. D’après eux, d’autres solutions, plus justes et différentes de celles qualifiées jusqu’ici "d’insurmontables et nécessaires", doivent être apportées. En d’autres termes, certains politiciens considèrent que quelques événements fâcheux, sur le plan individuel ou général, font courir des risques à la plate-forme. Les partis, et particulièrement ceux qui sont au pouvoir, paraissent si proches les uns des autres que cela se vérifie tant sur les questions relevant d’un choix fondamental et d’un discours public que sur les "visages" et le langage corporel de leurs représentants. Il n’est pas rare de constater qu’un haut fonctionnaire d’un parti politique particulier pourrait aussi bien appartenir à "l’autre" parti, opposé. Si l'AMP engage des travaux avec une nouvelle direction, ses divisions internes en limitent d'ores-et-déjà la portée.
Par Laetitia B. Kiangani
