Depuis l'exil et puis la mort du maréchal Mobutu en
1997, les Mobutistes affichaient un profil bas, rasant
presque le mur. Partout dans le monde on les a montré du
doigt quasi accusateur d'avoir ruiné l'un des pays
les plus riches d'Afrique et surtout d'avoir laisser une économie en
faillite et dans un état de delabrement total.
Les congolais ont vu arriver aux affaires un homme
descendu de ses montagnes du Kivu , Laurent-Désiré
Kabila. Voilà un homme , qui sans doute, n'a jamais
rêvé d'un tel destin. Il arrive, adulé de tous,voit
toutes les portes s'ouvrir à lui, un peuple totalement
acquis à sa cause, des bailleurs de fonds sous le charme.
Mal entouré, il galvaude toutes ses chances,l'une après
l'autre . Encouragé par des va-t-en guerre, se met à
ferrailler sur tous les fronts, politique, diplomatique,
religieux, économique, au point de devenir encombrant
pour ses alliés. Incompris par les pays occidentaux, par
les chefs d'Etats africains, et surtout par ses anciens
parrains rwandais Kagamé et ougandais Museveni. Il sera
assassiné par l'un des ses gardes du corps en janvier
2001. Un terrible gâchis.
Et puis un jeune homme venu de nulle part est
présenté par ses ''tontons'' ministres comme le nouveau
président de la république, il s'appelle: Joseph Kabila
Kabange. Avec l'accord des officiers angolais et des
zimbabwéens, le général-major Joseph Kabila a accepté
le poste. Il a passé le clair de son enfance en Tanzanie.
La majorité des congolais le prennent pour étranger aux
allures d'un piégé. Presque 7 ans après son accession
au pouvoir, la nationalité et même la filiation de
Joseph Kabila ont toujours été mis en doute en
RDC.
Retrancher pendant la présidence de Mzee
Laurent-Désiré dans son exil doré, Honoré Ngbanda
Zambo Ko Atumba sort de son silence. Ancien patron des
services secrets et plusieurs fois ministre de Mobutu, il
crie à l'imposture au sommet de l'Etat. IL avance avec
preuves à l'appui que notre pays est dirigé par des
étrangers et lance une campagne pour sensibiliser les
congolais tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du
pays. Son discours à la fois précis et un peu populiste
fait mouche au sein de l'opinion congolaise. Il repète à
qui veut l'entendre que Kabila a été imposé par la
communauté internationale contre la volonté du peuple
congolais à travers des élections truquées. Depuis ces
élections, La RDC est devenu un pays très instable d'où
le maintien des forces de la Monuc.
Les historiens congolais et d'autres
nationalités sont formels, affirme l'ancien conseiller spécial
en matière de sécurité de Mobutu ,qu' il n'a
jamais existé au Congo une ethnie dénommée '' banyamulenge''.
Déjà en 1926, le pouvoir colonial belge a décidé par décret
que chaque territoire du Congo belge portera le nom de
l'ethnie qui y habite. Ainsi dans la riche province de
Kivu, on trouvera les territoires des Bashi, Nande, Bembe,
Rega, etc. Mais nulle trace des banyamulenge.
En revanche, il existe une colline du nom de Mulenge dans
le territoire de Fizi (ancien Bembe, devenu Fizi en 1937)
où étaient installés des réfugiés Rwandais tutsi
ayant fui la guerre civile au Rwanda en 1959.
Et si Honoré Ngbanda avait eu raison avant tout le monde
? Depuis le début, il s'est opposé à Joseph
Kabila et une certaine communauté internationale
qui sous couvert de protection des populations, mais pour
des raisons purement économiques et financières,ont
imposé au peuple congolais un gouvernement immobile et
incapable de subvenir aux besoins de sa population.
Le Congo d’aujourd’hui a besoin de toutes les énergies
pour s’engager pleinement sur le chemin du progrès
social et du développement. Mais de l’autre côté,
nous ne pouvons tolérer que la RDCongo ne puisse
exercer le droit fondamental que tout pays doit avoir, à
savoir exercer sa propre autorité et décider du destin
de ses concitoyens. A condition que ces citoyens puissent
exercer pleinement leur rôle de citoyens et contribuer
aux choix politiques qu’ils veulent.
Par Arthur Kengana