| L'ONU
veut consolider le pouvoir de Kabila
en maintenant la Monuc en RDC
|
Joseph
Kabila
Mis en difficulté par l'amateurisme et
l'immobilisme du gouvernement Gizenga qui
sont décriés même au sein de sa propre
majorité et par les dissidences de
son entourage qui sapent son pouvoir depuis l’année dernière,
Joseph Kabila a réussi à se maintenir grâce
au soutien de la communauté internationale. Reste à consolider son
autorité sur l’immense pays. En l’absence
d’un Etat réellement performant, celui-ci se
résume aujourd’hui à des réserves miniers essentiellement exploitées par des
compagnies occidentales et américaines . Mais à défaut d’un
soutien inconditionnel de Washington, Joseph
Kabila compte sur la communauté internationale pour replâtrer sa façade
politico-militaire.
"Nous sommes venus réaffirmer
l'engagement du Conseil de sécurité pour
contribuer à la consolidation de la paix et de la
stabilité en RDC, en particulier à travers la
Mission de l'ONU en RDC (Monuc)", a déclaré
à la presse l'ambassadeur français Jean-Maurice
Ripert, qui conduit la délégation du Conseil en
RDC. En clair, le président Kabila et son
gouvernement d'incompétents resterons au pouvoir
que les congolais le veuillent ou non. ''ils'' ont
commencé par éliminer Jean-Pierre Bemba qui est
poursuivi par la CPI pour son autorité sur ses
hommes du MLC, et non pour des actes commis de ses
propres mains. Déjà populaire lors de la
campagne éléctorale , Bemba est devenu presqu'un
''martyr'' pour bon nombre des congolais. Donc
incercérer pour casser l'élan
démocratique qui est monté au sein de la
population congolaise.
Vous voulez un poste de responsabilité dans la
fonction publique en RDC? Vous voulez entrer au
gouvernement ou alors devenir un grand directeur général
d’une société ? Désormais ,
pour avoir un haut poste de responsabilité, accéder
au pouvoir social et devenir riche en pillant le
pays, la voie connue
de tous est celle des cercles politico-mafieux qui
se sont appropriés notre pays avec l'appui de la
communauté internationale...
En d’autres termes,
la communauté internationle a choisi d'arrêter
Jean-Pierre Bemba pour
consolider le pouvoir de Joseph Kabila en
étranglant tout ce qui pourrait constituer une
menace à sa pérennité. Ainsi, on ne compte plus
les adeptes du Bundu Dia Kongo, simple mouvement
politico-réligieux ,
ayant été battus, torturés, emprisonnés sans
jugement ou tués par la police. Tout cela pour
une seule raison : le nombre des membres de la secte
des ''rebelles'', comme l’appelle le
gouvernement, se monte à plusieurs dizaines de
millions de personnes au Bas-Congo... De quoi inquiéter
le gouvernement qui lanca une repression féroce
contre ce mouvement faisant des centaines des
morts et ses membres torturés
physiquement, humiliés, dans des conditions hygiéniques
épouvantables, privés de sommeil et de
nourriture, obligés de rester debout dans leur
prison pendant 12 à 13 heures d' affilée, épuisés,
terrifiés, dans des cellules surpeuplées,
interrogés sans cesse, les accusés sont tous réduits
à un état second. Il apparaissent hébétés,
somnambules dépersonnalisé sans que la
communauté internationale ne réagisse.
La communauté
internationale semble laisser le gouvernement
Gizenga commettre ses multiples exactions dans la plus
totale impunité. Il convient donc de rappeler à
nos « honorables » dirigeants et députés ce qu’Amnesty
International demandait tout récemment aux
ministres des affaires étrangères européens :
censurer la RDC devant la Commission des Droits
de l’Homme des Nations Unies de la façon la
plus claire.
Bref, on ne remet pas en cause les décisions du
régime Kabila qui, seul, est apte à indiquer la voie
que le peuple doit suivre. La présence militaire
de la Monuc s’est avérée dissuasive
pour les rebelles contraints de ronger leur frein
aux frontières ou à deposer les armes. La
communauté internationale n’envisage pas
d’alternative au pouvoir Kabila qu’elle a
entrepris de consolider en éliminant Jean-Pierre
Bemba son adversaire politique le plus populaire
de la RDCongo.
Par Laetitia
B. Kiangani