Pesantes
incertitudes au nord-Kivu comme au
sud-Kivu
Joseph
Kabila
Depuis
août dernier, de violents affrontements
entre l'armée et les troupes du général
déchu rwandophone Laurent Nkundabatuare
font fuir massivement les populations de
l'Est du Congo vers les zones frontalières
du Rwanda et de l'Ouganda. Les premières
victimes en sont les enfants, recrutés de
force par les groupes armés, et les
femmes, victimes d'un véritable
terrorisme sexuel.
Le
mercredi 23 janvier 2008 quand la première
signature a été apposée sur l’acte
d’engagement du Gouvernement Congolais
avec les groupes et forces armées des
provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu en
la présence du chef de l’État Joseph
Kabila.
Les
signataires de l’acte d’engagement
sont ensuite invités à signer l’acte
sous le regard du Chef de l’Etat, ce
sont les groupes armés qui commencent
avec en tête, le représentant du CNDP,
très applaudi par l’assistance.Kambasu,
chef de la délégation du CNDP de Laurent
Nkunda a été le premier à apposer sa
signature sur l’Acte d’Engagement de
Goma. C’était le moment le plus attendu
par tous. Trois minutes après, tous les
autres délégués des groupes armés se
sont succédés à la table dressée pour
la circonstance pour signer l’acte
d’engagement. La satisfaction des conférenciers
et des non conférenciers présents sur le
site de la conférence a fait dire à un
policier que la fin des hostilités
n’est pas une chimère mais il s'est
trompé car les incidents se sont depuis
multipliés sur le front.
En
décembre, après un ultimatum, le président
Kabila avait décidé d'en finir, au son
du canon, avec les insurgés comme il
avait réussi au mois de mars 2007 à
mettre les quelques 200 gardes de
Jean-Pierre Bemba en déroute. Fort,
croyait-il, de l'appui des Casques bleus
et des militaires angolais, il avait
lancé le gros de ses troupes à
l'assaut de positions stratégiques et
savouré une victoire éphémère. La
place a été aussitôt reprise par
l'ennemi. Ce qui a fait vaciller le président,
car comment 25 000 hommes de l'armée
gouvernementale ont-ils pu être défaits
par 4 000 rebelles ?
Contraint
de négocier, Kabila a proposé cette
conférence de paix de Goma en invitant
les groupes armés, les parlementaires,
les délégués des communautés
ethniques et des groupes de la société
civile, sans oublier les réfugiés, ni
les déplacés. Au total, quelque 1.300
personnes se sont réunies pendant deux
semaines pour jeter les bases d'une paix
durable, sous la houlette de l'abbé
Apollinaire Malu Malu, celui qui a réussi
l'exploit de mener à bien de faire
faire Joseph Kabila à la présidence
malgré desfraudes massives aux élections
de 2006.
Parmi
ces questions qui divisent les
participants à cette conférence de
Goma, celle relative à l'amnistie en
faveur du chef rebelle Laurent Nkunda.
Toujours
selon une source proche de la
présidence de la république, cette
question aurait été envisagée plutôt
dans sa forme globalisante de tous les
chefs des groupes armés nationaux illégaux
sans distinction, et non d'un seul
groupe ni d'un seul individu, ce qui n'a
pas encore rencontré l'adhésion de
tous les groupes armés.
En
réponse aux exigences de Laurent
Nkunda, l'accord prévoit le désarmement
et du rapatriement des rebelles hutus
rwandais ainsi que le retour des réfugiés
congolais installés dans les pays
voisins. Sur la délicate question de
l'amnistie des rebelles, Kabila a fait
une concession de taille : le Parlement
votera une loi accordant l'amnistie pour
faits de guerre aux mouvements
insurrectionnels à l'exception des
crimes de guerre, de génocide ou contre
l'humanité. Il faut noter que le leader
maximo Etienne Tshisekedi condamne le
projet d’amnistie partielle que le
Parlement s’apprête à accorder à
Laurent Nkunda.Comment Joseph Kabila
peut-il se permettre d’amnistier
Laurent Nkunda et laisser des hommes de
Dieu et plusieurs prisonniers politiques
et d’opinion à Makala et surtout
refuse le retour du leader de
l'opposition institutionelle Jean-Pierre
Bemba.
L'alternative semble simple : soit on
donne des gages à Laurent Nkundabatuare,
soit la guerre reprend au nord-Kivu. Les
Congolais doivent savoir qu'on ne dirige
pas un si grand pays comme la RDC avec
des insultes, des effets d'annonces et
des slogans vides de sens. La RD Congo mérite
mieux.
Par
Gértrude
Ndofusu
Les photos de la
conférence de Goma
