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 Joseph Kabila ou la grande peur des ministres

Joseph Kabila

On ne souvient de la déclaration d'un ancien minsitre de Laurent-Désiré Kabila, lorsque Joseph Kabila a été élu président de la République après des élections et une constitution faite  sur mesure pour lui: "Vous allez voir, avec lui, vous allez rigoler…" Bon, le Vieux s’était trompé. On n’a pas rigolé tant que ça, à la vérité. Mais avec Joseph Kabila, on sent quotidiennement qu’on va droit  dans le mur.

On connaît le contexte, maintenant. Des médias sous contrôle, une opposition anéantie politiquement et médiatiquement depuis le départ du très charismatique Jean-Pierre Bemba devenu depuis son ennemi personnel. On lui a fait croire qu'à part le ''chairman'' du MLC, il n' y a pas d'autres personnalités qui peuvent le contrer politiquement .  Selon la bonne vieille technique des prébendes. Dans les rédactions, les actes de censure se multiplient. Les menaces en direct lors dela dernière conférence de presse contre  la  grève, c’est le moment de le dire, des enseignants sous payés, puis de quelques autres journalistes, ont  calmé les esprits, selon un récent sondage réalisé par téléphone, auprès de quelques congolais à Kinshasa.

"Un petit clic vaut mieux qu’un grand choc" comme on disait autrefois pour promouvoir le port de la ceinture de sécurité. C’est probablement ce qu’a dû se dire le président Kabila, en voulant remanier son gouvernement elepahantesque   pour ne pas dire ridicule de l'ancien communiste Antoine Gizenga. Mais voilà, les ministres vomis par le peuple pour leur incompétence notoire et  l'amateurisme  qui étonne plus d'un visiteur étranger  sont maintenant dans l'attente du nouveau gouvernement.   Ce n’est pas tout à fait la retraite définitive, mais presque. Pas à pas, le président de la République poursuit son investissement des organes de sécurité dont il écarte les patriotes et met des incompétents à la place soit pour  parce que la personne a le soutien du président rwandais Paul Kagamé ou soit du puissant chef de l'Etat angolais José Eduardo dos Santos . Tous les présidents Kasavubu, Mobutu et Laurent-Désiré Kabila  ont fait presque la même chose. Tant que les postes à haut niveaux ne seront pas voté publiquement au parlement, on continuera avec les hommes du président... Pas de rupture là dessus!

Dans de pareilles circonstances, on comprend que le Chef de l’Etat, qui a pourtant d’autres chats nationaux ou non à fouetter, prenne le temps  nommer des ministres  non pour l'avoir soutenu mais des compétences reconnues. L'ouverture à l'opposition  est un moyen de réconcilier les congolais. 

Par ailleurs et à titre de conclusion définitive sur ce nouveau gouvernement annoncé, nous savons tous, depuis longtemps, qu’une partie du destin de
la RDcongo, de sa chance dans un proche avenir à revenir dans la compétition mondiale, de sa capacité à sortir d’une léthargie profonde et paresseuse (une neurasthénie, disons le mot) qui l’a envahie pendant dix ans de règne Kabila père et fils, tient pour partie à la capacité des congolais à regarder l'avenir malgré la misère de la population .

Si la première mission du Président est d'assurer la sécurité du pays, et de prendre des décisions en rapport avec ses intérêts stratégiques à long terme, alors avec le gouvernement d'Antoine Gizenga ,il a échoué. Si son premier devoir est de soutenir et de défendre la Constitution, le régime présidentiel est anti-constitutionnel  alors il a trahi cet idéal pour pas grand chose.

Par Laetitia B. Kiangani


 

 

 

 

 

 

 

 

 
 

 

 

 

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