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Joseph Kabila et Jean-Pierre Bemba sont-ils prêts à un dialogue de réconciliation ?

J.Kabila et JP Bemba

Le bureau du sénat représenté par son vice-président Édouard Mokolo Wa Pombo  et  une délégation du MLC conduite par Raymond Ramazani Baya  en rupture totale depuis le coup de force de la garde présidentielle soutenue par des militaires angolais qui ont écrasé la garde rapprochée du sénateur Jean-Pierre Bemba dans la capitale  l'an dernier, ont accepté  d'engager un dialogue en vue d'une réconciliation et surtout du retour en toute sécurité du leader de l'opposition en exil au Portugal depuis Mars dernier.

Être témoin d’une situation de violence ou apprendre qu’une telle situation s’est produite ou se répète peut être très déstabilisant. Les exigences de sécurité  de Bemba sonnent désagréablement aux oreilles des faucons de l'entourage du président Kabila . Une année  après la rupture entre les deux membres de l'ancien espace présidentiel, le fossé s'est encore considérablement creusé. On se rappelle encore de leur rencontre du 13 septembre 2007 au palais de la nation après les affrontements du 21 août 2006  où Jean-Pierre Bemba posa sans détours cette question ''Pourquoi avez-vous essayer de me tuer?'' au président Kabila qui réponda ''Je sais que vous ne croirez pas,mais je vous assure que je n'ai pas voulu vous tuer''. Mais l'issue de la rencontre fut très amicale.

En effet,  certaines voix se plaignent de la façon dont cette affaire est actuellement gérée par l'entourage de Kabila. Les racines de ces brouilles en sourdine seraient la prédominance  toujours persistante du clan  des Katangais : le pouvoir est resté entre les mains d’une minorité. Une situation qui crée des agitations au sein de la jeune génération des Kivutiens mise à l'écart. Cette dernière espérait, avec le retour de Bemba faire une véritable reconciliation nationale.  Une illusion ? Cela ne semble pas évident car, les faucons  n'en veulent pas.  Même s’ils essaient d’imprimer une certaine rigueur dans la façon de gérer le retour d'un homme qui a beaucoup trop, à leur goût, de charisme, ont déjà démontré leur attachement à l’''ordre'' établi par les armes  en Mars 2008 .

Aussi, n’arrive-t-il pas au président Kabila à se dérober des conseils et pressions des barrons de son parti qui n’entendent point lâcher du lest ; histoire de préserver leurs acquis. C’est ce dilemme qui a fait prévaloir un climat de crise au sein du pouvoir.  Des rumeurs de luttes internes  entre ceux qui prônaient la reconciliation nationale avec la présence de Jean-Pierre Bemba au sénat et  les autres qui voient d'un très mauvais oeil cette idée. Les congolais  demandent aux deux camps de se montrer raisonnable et  de préférer le dialogue au langage des armes donc devenir  des véritables hommes d'Etat.  Le succès de l'accord dépendra de la bonne volonté et de la confiance entre les deux parties (...) Cela requiert des consultations constantes afin de dissiper tout soupçon et toute crainte parmi le camp Kabila et celui de Bemba.

Par ailleurs, à en croire  un ministre de l’actuel gouvernement, le sujet n’aurait pas fait l’objet de discussion en conseil des ministres et rien ne présageait une telle décision au vu de l’atmosphère qui a prévalu à la réunion gouvernementale à Matadi à cause du conflit opposant les policiers aux membres de la secte politico-réligieux Bundu Dia Kongo. 

A ce sujet, un cadre du PPRD qui a requis l’anonymat confie que le président Kabila est un homme de compromis. Il ne prend jamais des ordres auprès de qui que ce soit, fut-il proche conseiller ou autre. D'ailleurs chaque jour qui passe démontre une certaine habilité et une évidente détermination dans son action.

Le contraire de la peur est le courage. Le vrai courage consiste à regarder en face notre fragilité, à l’assumer. C’est le courage de la confiance qui nous appelle à garder les mains ouvertes face à toutes les craintes et les agressions de notre monde et à rechercher en priorité ce qui peut aider notre prochain à vivre mieux. C’est peut-être là l’essentiel sur la question.

Par Guy Bojack

 

 

 

 

 

 

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