Être témoin d’une
situation de violence ou apprendre qu’une telle situation
s’est produite ou se répète peut être très déstabilisant.
Les exigences de sécurité de Bemba sonnent
désagréablement aux oreilles des faucons de l'entourage du
président Kabila . Une année après la rupture entre
les deux membres de l'ancien espace présidentiel, le fossé
s'est encore considérablement creusé. On se rappelle
encore de leur rencontre du 13 septembre 2007 au palais de
la nation après les affrontements du 21 août 2006
où Jean-Pierre Bemba posa sans détours cette question
''Pourquoi avez-vous essayer de me tuer?'' au président
Kabila qui réponda ''Je sais que vous ne croirez pas,mais
je vous assure que je n'ai pas voulu vous tuer''. Mais
l'issue de la rencontre fut très amicale.
En effet,
certaines voix se plaignent de la façon dont cette affaire
est actuellement gérée par l'entourage de Kabila. Les
racines de ces brouilles en sourdine seraient la prédominance
toujours persistante du clan des Katangais : le
pouvoir est resté entre les mains d’une minorité. Une
situation qui crée des agitations au sein de la jeune génération
des Kivutiens mise à l'écart. Cette dernière espérait,
avec le retour de Bemba faire une véritable reconciliation
nationale. Une illusion ? Cela ne semble pas évident
car, les faucons n'en veulent pas. Même s’ils
essaient d’imprimer une certaine rigueur dans la façon de gérer
le retour d'un homme qui a beaucoup trop, à leur goût, de
charisme, ont déjà démontré leur attachement à l’''ordre''
établi par les armes en Mars 2008 .
Aussi, n’arrive-t-il
pas au président Kabila à se dérober des conseils et
pressions des barrons de son parti qui n’entendent point lâcher
du lest ; histoire de préserver leurs acquis. C’est
ce dilemme qui a fait prévaloir un climat de crise au sein
du pouvoir. Des rumeurs de luttes internes entre
ceux qui prônaient la reconciliation nationale avec la
présence de Jean-Pierre Bemba au sénat et les autres
qui voient d'un très mauvais oeil cette idée. Les
congolais demandent aux deux camps de se montrer
raisonnable et de préférer le dialogue au langage
des armes donc devenir des véritables hommes d'Etat.
Le
succès de l'accord dépendra de la bonne volonté et de la
confiance entre les deux parties (...) Cela requiert des
consultations constantes afin de dissiper tout soupçon et
toute crainte parmi le camp Kabila et celui de Bemba.
Par
ailleurs, à en croire un ministre de l’actuel
gouvernement, le sujet n’aurait pas fait l’objet de
discussion en conseil des ministres et rien ne présageait
une telle décision au vu de l’atmosphère qui a prévalu
à la réunion gouvernementale à Matadi à cause du conflit
opposant les policiers aux membres de la secte
politico-réligieux Bundu Dia Kongo.
A
ce sujet, un cadre du PPRD qui a requis l’anonymat confie
que le président Kabila est un homme de compromis. Il ne
prend jamais des ordres auprès de qui que ce soit, fut-il
proche conseiller ou autre. D'ailleurs
chaque jour qui passe démontre une certaine habilité et
une évidente détermination dans son action.
Le contraire de la
peur est le courage. Le vrai courage consiste à regarder en
face notre fragilité, à l’assumer. C’est le courage de
la confiance qui nous appelle à garder les mains ouvertes
face à toutes les craintes et les agressions de notre monde
et à rechercher en priorité ce qui peut aider notre
prochain à vivre mieux. C’est peut-être là
l’essentiel sur la question.
Par Guy
Bojack