Le mot est
connu. À peine élu chef du gouvernement, un
célèbre homme politique s'écria:
''Maintenant, les difficultés
commencent''. Joseph Kabila pourrait
reprendre l'expression à son compte. Non qu'il
vienne d'être élu: Lors de l'élection
présidentielle de 2006, le suffrage universel a
déjà transformé son manque de légitimité en
triomphe inespéré. Comment a-t-il pu décevoir
les espoirs des congolais surtout de
l'Est qui se sont portés sur son nom?
Panique
générale au quartier d'affaires de la capitale
de la RDC, La rumeur a couru dans tout Kinshasa:
Le président Kabila serait mort. Un vent de
panique souffle sur le centre-ville qui se vide
en un clin d'oeil. La vie s’est un peu arrêtée
pour nombre de compatriotes dont le téléphone
ne quittait plus l’oreille de jour comme de
nuit. S'agit-il d'une information valable,
est-il vraiment mort ou s'agit-il d'une rumeur
de plus qui ne mène à rien?
Cette
rumeur a connu une propagation exponentielle
depuis un mois malgré le dementi du
sécrétaire général du PPRD, le parti du
président et a atteint son apogée jeudi
dernier. Les congolais ont vécu
l’incertitude, la consternation,
l’affolement et la panique. Une rumeur
persistante donnait le président Joseph Kabila
pour mort depuis le jeudi . Dans les chaumières,
taxis, bistrots, et autres lieux publics, c’était
le seul sujet de conversation sur fond de métaphore,
de présupposé ou d’allusion: « Est-ce que
l’affaire là est vraie ? » entendait-on ici
et là. Tous les moyens de communication avaient
été mis à contribution. Le téléphone mobile
a fonctionné comme il ne l’avait été
jusque-là depuis son entrée en RDC. Tout comme
Internet ou encore le bouche à oreille.
Une réunion
d’urgence s’est même tenue à la présidence
de la République le jeudi en fin d'après
midi pour élaborer des stratégies afin
de désamorcer ce qui s’apparente à une
bombe. Le gouverneur de la ville de Kinshasa,
André Kimbuta alias ''le haut sommet'' est venu
dementir sur les écrans de la télévision
nationale sans convaincre la population,
menacant au passage ce qu'il a appellé les
ennemis de fameux 5 chantiers du chef de l'Etat.
Il est abérrant comme au départ d'une
fausse rumeur fusse-t-elle manipulée ou non, on
en vient à centrer le débat sur le chef de
l'Etat alors que le sujet de base est quand même
la population congolaise et son triste
sort.
Peu de
gouvernants au monde font l’objet de campagnes
de démolition aussi haineuses de la part de ses
propres concitoyens que Joseph Kabila. On
n’avait pas vu un tel acharnement en RDCongo.
Joseph Kabila n'est certes pas le parangon de la
démocratie (qui l'est d'ailleurs ?). L’autre
indice qui aurait pu alimenter la rumeur c’est
l’important mouvement de devises vers l’étranger
qui aurait été observé dans les milieux
financiers locaux de la RDC.
Reste que, depuis que ces rumeurs circulent,
nombre d’opérateurs économiques ont réalisé
de bonnes affaires. A l’instar des opérateurs
de téléphonie mobile, des magasins et grandes
surfaces, des débits de boisson. Comme quoi, le
malheur des uns fait le bonheur des autres.
Par Guy
Bojack