Werrason
se fait le chantre du pouvoir en place.
Werrason
De l’inversion de la vérité à
l’inversion de la réalité. Au-delà
de la crise économique et politique transparaît,
moins visible mais réelle, une crise de valeurs. L'une
des stars de la musique congolaise, Noel Ngiama Makanda alias
Werrason se fait le chantre du Kabilisme rappellant étrangement
l'époque de la deuxième république où
on voyait les musiciens dansaient pour le ''guide'' le maréchal
Mobutu.Sous son régime dictatorial où les élections
étaient facilement biaisées, il i mportait finalement
peu que personne n’accordait de valeur aux informations
véhiculées par les médias puisqu’elles
n’avait pas d’impact sur la vie politique.Ceux
qui utilisent les autres, sans remords, dans un but narcissique,
de pouvoir, ou par malveillance.
La musique étant elle-même un instrument de
manipulation des plus efficaces lorsqu'utilisé à
cet effet, il est dès lors fort logique et naturel
que cet art propose de nombreuses oeuvres traitant de ce sujet
crucial quant à l’évolution des sociétés
humaines. Mais Werrason le fait pour l'argent et la protection
des puissants. Alors il se disait à qui veut l''entendre
d'être ''neutre'' et ''apolitique'' lors des interviews
à la presse congolaise, que ses collègues se
cachent pour donner leurs opinions politiques, Werrason fait
de la propagande pour le pouvoir en place lors de ses concerts
ce qui est son droit le plus élementaire mais qu''il
ne vienne plus mentir de son kabililisme maintenant affiché.
En se faisant le chantre du pouvoir, Werrason est désormais
considéré comme un véritable propangadiste.
Cette manipulation de la star de la musique congolaise se
fait à des fins politiques, mercantiles mais quel que
soit le cas, le but final est toujours d’exercer un
pouvoir et un contrôle sur des personnes soumises à
diverses techniques de manipulation. Notre société
est persuadée à longueur de temps par des publicités,
discours et déclarations qui proclament leur indépendance
et la totale liberté de ses citoyens.
Ce paradoxe est l’un des plus marquants de cette petite
histoire cachée de la manipulation et de la propagande
car plus l’on donne à l’être humain
la sensation d’être libre, plus ce dernier est
en fait encadré au plus profond de lui-même par
des musiciens qui citent les noms des acteurs politiques pour
l'argent alors que la population croupie dans une misère
indéscriptible. D'ailleurs le créateur du Mobutisme,
l'ancien ministre Dominique Sakombi demandera pardon au peuple
congolais, pour l'avoir fait danser et chanter en l'honneur
d'un homme, fut-il le seul maréchal que la RDC a connu.
Avant même le début de la campagne électorale,
Werrason s’est fait le relais d’une précampagne
présidentielle en lui accordant une longueur d’avance
par rapport à ses adversaires en termes d’audience,
à travers sa musique louant les grands projets de son
excellence.
Les citoyens congolais et avec eux la classe politique, partis
d’opposition compris, se sont enfermés dans un
fatalisme, celui du « on ne peut rien faire contre la
machine du pouvoir et ses alliés ». Il faut donc
dépasser ce fatalisme ambiant et établir des
passerelles entre nos souhaits et nos pratiques.
Il est enfin terminé, le temps où les propagandistes
pouvaient se répandre sans aucune contradiction, partout,
en tous lieux, et de se vautrer dans leur idéologie
sans que personne ne leur demande de compte. Le désintéressement
de la population lovée dans une posture de dérision
est la réponse à cette humiliation : humiliation
contre humiliation.
Par Julie Mudwera Kidoro
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à Kisangani
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