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 Échos des congolais        

Faillite humanitaire en RDC à l’aube des élections.


Christine Schuler (Belgo-congolaise) combat le viol à grande échelle au Kivu : « Ignorent-ils leur histoire et leurs responsabilités ? Au nom de l'humanité, réagissez ».
Alors que c’est la grande célébration à Kinshasa annonçant la distribution des temps pour les candidats à la télévision et à la radio, la République Démocratique du Congo (RDC) reste la crise humanitaire la plus meurtrière au monde, malgré la fin des combats majeurs et l'intervention internationale dans ce pays, où le taux de mortalité reste largement supérieure aux autres pays d'Afrique sub-saharienne, affirme une ONG américaine.

Selon une étude d'International Rescue Commitee (IRC) réalisée d'Avril à Juillet 2004, et dont les résultats sont publiés par la revue médicale britannique « The Lancet », le taux de mortalité en RDC atteignait à la mi-2004 près de 2,1 pour mille par mois. Cette estimation dépasse de 40% le taux de mortalité habituellement constaté dans les pays d'Afrique sub-saharienne, et équivaut à près de 38.000 morts supplémentaires par mois affirme l’ IRC, faisant de la RDC " la crise humanitaire la plus meurtrière au monde". Un des corolaires est l’existence d’un phénomène tout à fait inexplicable et incompréhensif : Les viols en série par les soldats hutus sous l’indifférence totale du gouvernement congolais. Et pourquoi la communauté internationale devrait-elle se mêler si nous-mêmes, « on s’en fout? »



Christine Deschryver Schuler de père belge et de mère congolaise vit au sud Kivu, une région marquée par dix ans de conflits armés qui a emmené une dévastation totale. L’omniprésence du danger pourtant ne l’a jamais poussé à quitter définitivement le Kivu (terre de ses racines) pour l’Europe où elle peut vivre en toute tranquillité. « Depuis le génocide des Tutsis au Rwanda en 1994, et le repli des milices et de l’armée hutue dans l’Est du Congo, la région n’a jamais connu de paix », a déclaré un reporter d’une télévision européenne.

Christine, la fille d’Adrien Deschryver, un planteur belge, fondateur du parc de Kahuzi-Biega dans le Kivu, est restée non seulement à cause de l’attachement à la terre de ces ancêtres, mais aussi parce qu’elle y mène une lutte, avec son mari contre les viols massifs. Elle prend en charge les milliers de femmes violées qu’elle a recensées dans la région. Au fil des années, elle a pu enregistrer près de 10 000 cas de viols. Les victimes sont âgées de 18 mois à 84 ans.

Des femmes congolaises, victimes des viols.

On y dénombre des viols rituels. Violer des bébés ou de très vieilles femmes donnerait des forces surnaturelles…C’est un véritable fléau, une arme de destruction massive contre les populations de la République Démocratique du Congo. « Avec le sida, nous assistons à la création d’une bombe à retardement…Je me dis toujours que c’est l’enfer au paradis et que si le diable est descendu sur terre, il a commencé par chez nous », conclut-t-elle.

L'homme est le plus grand des prédateurs. Ces soldats humilient, torturent et tuent au nom de quoi ? De qui ? Quelle est cette folie meurtrière ? Comment ne pas réagir ? Mais que faut-il faire?

Le Congo est-il toujours en guerre ? Si oui, que fait le gouvernement face à ce fléau anéantissant notre futur ? Quelle reconstruction peut-on espérer d’un pays qui oublie ses femmes, ses mères et ses filles ? Quoi qu'ils en discourent, la clarté des faits met en jugement tous ceux qui ferment les yeux volontairement pour ne pas voir le cauchemar de ces femmes. Qui peut prétendre à un bilan positif face à ces grands-mères violées ? Un pays sali, inondé par des enfants de la honte et de la souffrance. Plus grave, le nombre exact des victimes directes des violences reste à ce jour inconnu. L’accroissement du taux élevé de mortalité est profondément bouleversant et démontre que les efforts nationaux et planétaires pour mettre fin à cette crise humanitaire sont défectueux. La mortalité est plus particulièrement élevée dans les provinces instables de l'est du pays, épicentre de la guerre, ce qui illustre les effets de l'insécurité persistante.


Par Guy Bojack



 

 

 

 
 

 

 

 

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